
La Présidente du jury du 63ème Festival de Cannes livre ses souvenirs en exclusivité pour le magazine Première dont elle est la rédactrice en chef exceptionnelle ce mois-ci. A savourer avant 10 jours de silence, devoir de réserve oblige…
Huppert et Cannes
La carrière d’Isabelle Huppert est indissociable de Cannes. Sa première venue date de 1974, son premier film en compétition de 1975 (Aloïse), son premier prix d’interprétation de 1978 (Violette Nozière) et sa première participation à un jury de 1984. Cette année elle préside donc le jury, un honneur finalement assez rare pour une actrice (citons Sophia Loren, Ingrid Bergman ou encore Jeanne Moreau). Première revient bien évidemment sur ce parcours avec les commentaires d’Isabelle Huppert sur toutes ses diverses apparitions sur la Croisette. Elle donne également la réplique à Sean Penn, lui-même Président du jury l’année dernière, dans une interview croisée. Enfin elle nous livre ses derniers coups de cœur DVD. Je signale aussi un excellent portfolio, qui n’a rien à voir avec elle mais qui est consacré à l’immense Ingrid Bergman, des photos signées… Yul Brynner !
Huppert respect
Isabelle Huppert. La Huppert ! C’est qu’il m’a fallu longtemps pour l’apprécier. Il faut dire que la femme est mystérieuse, assez glacial, jusqu’à paraître hautaine (souvenirs d’un plateau de TV il y a une dizaine d’années…). A travers ce masque se cache en fait la plus grande comédienne française de sa génération, avec Nathalie Baye (je fais une parenthèse, mais elles ne se sont croisées qu’une fois, sur le plateau de Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard !).
Bien que je l’ai aimée dans bons nombres de films, de Loulou à La dentellière, en passant par Sacs de nœuds (l’un de mes films français cultes) ou Les valseuses, ce n’est que sur le tard qu’Isabelle Huppert m’a véritablement frappée, précisément dans 8 femmes et surtout dans La pianiste, film dérangeant mais magistral. Mieux vaut tard que jamais donc, et je suis particulièrement heureux de la voir présider ce nouveau festival, tout en étant impatient de savoir qui elle et son jury récompenseront…
Première en forme
Je ne peux évidemment pas terminer cette chronique sans faire un parallèle entre ce numéro de Première et son concurrent Studio Ciné Live que j’ai récemment égratigné (que vaut le nouveau Studio Ciné Live ?). Il est en effet intéressant de voir que Première fait ce mois-ci le plein de publicité, comparé à son famélique concurrent (à vérifier quand même pour l’édition cannoise de Studio Ciné Live, puisque ce numéro demeure particulièrement exposé et prisé des annonceurs).
Cela faisait en tout ca strès longtemps que je n’avais plus acheté Première. Il faut dire que si j’étais un fervent lecteur de Première dans les années 90, je m’étais ensuite tourné vers (feu) Studio dans les années 2000. Et bien ce fut une bonne surprise : pas de rédacteur emblématique, pas de sujet réellement original (pas beaucoup de sujets tout court puisque le magazine est principalement consacré à la présentation des films en compétition à Cannes et aux sorties du mois), mais une mise en page agréable, des critiques bien écrites et une bonne homogénéité globale. J’ai franchement bien aimé. Puis, pour un magazine que l’on annonce mort tous les six mois et qui a dû revoir à de nombreuses reprises sa formule ces dernières années, je tire mon chapeau ! A bon entendeur…















Article de