Michael Schumacher : retour sur les 20 ans de F1 d’un champion hors norme

Le 25 août 1991, un tout jeune Allemand, pilote d’endurance pour Mercedes et champion d’Allemagne de F3 l’année précédente, prend le départ de son premier Grand Prix de Formule 1 à Spa-Francorchamps en Belgique. Vingt ans plus tard, Michael Schumacher s’apprête à prendre, sur le même circuit, son 280ème départ en F1 et à fêter par la même occasion ses 20 ans dans la discipline reine. Un record. Un de plus. Et ce n’est pas le moindre.

Des débuts précipités, financés par Mercedes

C’est un fait divers qui a précipité l’arrivée de Michael Schumacher en F1. Bertrand Gachot, alors pilote Jordan (auteur, un peu à la surprise générale, d’une saison plutôt bonne en F1 et d’une victoire aux 24 Heures du Mans !) est arrêté puis incarcéré en Angleterre après avoir aspergé d’un spray anti-agression un chauffeur de taxi à Londres. Un baquet se libère alors et Mercedes décide de le financer (150000 dollars la course) pour son jeune pilote. Sans ce concours de circonstance exceptionnel, Michael Schumacher n’aurait peut-être jamais eu la chance de piloter en F1, sans doute pas en tout cas avant 1993 et l’arrivée de Sauber, soutenue par Mercedes. L’Autrichien Karl Wendlinger qui, lui, intégrera la discipline reine du sport automobile de cette manière n’aura, de fait, pas franchement la même réussite par la suite.

Le reste n’est qu’Histoire. Avec ses titres, ses victoires, ses accrochages, ses controverses, sa légende.

Les statistiques, ahurissantes, le présentent comme le plus grand champion de l’histoire de son sport. Dans les faits il demeure évidemment impossible de comparer les champions à travers le temps, et ne comptez pas sur moi pour me prêter à ce jeu ridicule. Retenons juste que comme Juan-Manuel Fangio ou Jim Clark à leur époque, Michael Schumacher demeura longtemps la référence absolue, l’homme à battre chaque week-end ou presque pendant une bonne dizaine d’année (1994-2004), une sacré performance.

Plus de 20 ans de passion

A titre personnel j’ai découvert, et tout de suite apprécié, Michael Schumacher lorsqu’il a intégré l’équipe Sauber-Mercedes en Sports prototypes dont j’étais fan absolu. Inutile de dire que j’étais ravi de le voir débarqué en F1 plus tôt que prévu avant de s’imposer comme la nouvelle référence du milieu.

J’ai la chance (si on peut dire car je n’ai évidemment aucun mérite) d’avoir pu suivre en direct absolument tous les Grands Prix auxquels il a participé, la plupart du temps à la TV (excepté bien évidemment le GP des États-Unis 2005, merci et encore merci TF1 !), les autres fois à la radio (en rentrant des 24 Heures du Mans par exemple) et une fois même sur place à Monza lors de sa victoire en 2000.  Je l’ai aussi croisé plusieurs fois, sans avoir l’opportunité de l’approcher, de lui serrer la main et de discuter un peu avec lui comme cela a pu m’arriver avec d’autres illustres champions. Nul doute que l’occasion finira bien par se présenter un jour. Divagation.

Un retour sous pression

Comme tous ses supporters, je suis forcément triste de ses performances modestes depuis son come-back en 2010, même si sa démarche est celle d’un vrai passionné, qui montre aussi qu’à 42 ans il peut être sinon plus rapide en tout cas toujours dans le coup face à des jeunes de 20 à 25 ans. Père de famille comblé et recordman toutes catégories, Michael Schumacher avait tout à perdre dans cette histoire : le prestige comme la santé. Il est devenu un pilote ordinaire, de milieu de grille, mais qui a parfaitement sa place chez Mercedes pour lequel il demeure le plus formidable des ambassadeurs. Puisse ce GP de Belgique anniversaire être une fête pour lui !

Malgré les critiques (la plupart du temps franchement indécentes) il se régale au volant d’une F1, à rivaliser avec les meilleurs pilotes d’une génération qui n’est plus la sienne. Admiratifs, la plupart des pilotes soutiennent ses efforts, de son éternel rival Jacques Villeneuve à son ancien « professeur » Jean-Louis Schlesser.

Michael Schumacher n’a certes pas que des qualités, mais au delà de son coup de volant magique c’est aussi un formidable représentant de son sport, passionné et impliqué (il ne rechigne jamais à participer à des courses de gala ou à la Course des champions), avec modestie et l’esprit de compétition toujours vif.

Voilà mon modeste hommage à un champion qui aura marqué pour le meilleur et parfois le pire l’histoire de la F1 mais qui a mes yeux demeure une idole, donc forcément indéboulonnable de son piédestal. Ma passion pour lui est telle que j’en reprendrais bien pour 20 ans (en F1 et/ou ailleurs). Et vous ?

À lire absolument…

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Journaliste high-tech, automobile et rock n’ roll.
Actuellement rédacteur au sein du fil France de l’agence de presse Relaxnews.