Reportage aux ERDF Masters Kart

J’ai assisté en spectateur privilégié (accrédité) aux premiers ERDF Masters Kart à Paris-Bercy. Il s’agissait d’une première mondiale : une course internationale disputée sur un prototype de kart électrique de compétition élaboré par le constructeur français Sodi. Je vous propose de revivre, en images, cet événement de l’intérieur.

Le pari réussi du tout électrique

Philippe Streiff a donc remporté haut la main son pari de redonner vie à un masters de karting à Paris, là-même où en 1993 il avait créé le mythique Master Elf, avec à l’époque une affiche prestigieuse mettant en scène, entre autres pilotes de F1, Ayrton Senna et Alain Prost pour leur tout dernier duel en piste. Dix ans après sa dernière édition, l’événement est de retour, sous un nouveau patronage et avec un changement de taille : le kart thermique classique a laissé sa place au kart électrique. Cette solution écologique présente l’avantage de ne plus produire de fumée au sein de l’enceinte du POPB et d’être également beaucoup moins bruyante.

Le Sodi STX développe l’équivalent d’un peu plus de 30ch et peut atteindre les 120km/h en bout de ligne droite. Il est un peu plus lourd que ses cousins thermiques, du fait du placement des batteries dans les pontons, mais aussi plus stable et moins enclin à décoller ou se retrouver en équilibre sur deux roues. Les pilotes avec lesquels j’ai pu parler m’ont tous dit qu’ils étaient très à l’aise avec, qu’ils ne sentaient pas de réelles différences avec un kart « classique » et qu’en fin de compte cela restait avant tout une machine de course, très agréable à conduire.

Vendredi : le week-end commence par un roulage exceptionnel réservé aux journalistes. A cette occasion j’ai donc eu le bonheur et le privilège de tourner (sur deux tours seulement) sur la piste à bord de ce prototype révolutionnaire. Un peu plus tôt dans la matinée, Sébastien Bourdais nous a montré l’exemple, en testant son propre kart pendant quelques minutes. Juste après, Philippe Streiff et des représentants d’ERDF présentaient en salle de presse l’événement, dans la parfaite mouvance du développement de l’automobile électrique en général et à Paris en particulier.

Dans les coulisses de la course

Samedi : les choses sérieuses commencent, avec la présentation des pilotes stars à la presse. Ont finalement répondus présents ce week-end les deux stars françaises du WRC (Sébastien Loeb et Sébastien Ogier), des pilotes de F1 actuels (Adrian Sutil, Paul di Resta, Romain Grosjean, Karun Chandhok et Jérôme d’Ambrosio), passés (Sébastien Bourdais, Franck Montagny) et futurs (Jean-Eric Vergne, Jules Bianchi, Robert Wickens), des acteurs du DTM (Gary Paffett, Filipe Albuquerque), des spécialistes de l’endurance (Romain Dumas, Stéphane Sarrazin, Julien Jousse, Olivier Lombard), un concurrent de la Clio Cup anglaise (remarquable Nicolas Hamilton !)  et un petit « Frenchy » parti conquérir l’Amérique (Tristan Vautier). On note l’absence, inexpliquée, de Charles Pic (futur pilote Marussia en F1).

Vient maintenant l’heure d’errer dans le paddock en attendant la soirée et les premières courses.

D’un point de vue professionnel, j’ai été m’entretenir avec Paul di Resta et Gary Paffett. J’en ai bien entendu profité pour aller à la rencontre des autres protagonistes de cet événement et j’ai par exemple été heureux de pouvoir parler pour la première fois avec Jules Bianchi, un garçon qui a vraiment tout pour réussir : le talent, l’entourage, un pied chez Ferrari et une belle gueule (ce qui, malheureusement, a aussi son importance aujourd’hui pour se faire une place au soleil).

Parmi les autres bonnes surprises, je cite volontiers Tristan Vautier (un type absolument charmant), Romain Grosjean, Robert Wickens et bien sûr Sébastien Bourdais. L’ambiance était relativement détendue et les pilotes très accessibles, à l’exception notable de Sébastien Loeb (sic). Ca a aussi été l’occasion de parler des projets de chacun, même si je n’ai en la matière aucun scoop à vous donner.

Chaque pilote disposait de son propre stand et mécanicien. Ils ont également tous pu se restaurer et se détendre dans un salon privé en attendant d’aller s’affronter sur la piste. Au final, bonne ambiance et grande joie de pouvoir approcher des pilotes qui n’ont bien évidemment pas l’habitude de venir se montrer à Paris.

Vient ensuite le moment de passer aux choses sérieuses, avec le début du show à 20h pétantes. La seule faute de goût de la soirée (cela n’engage que moi) concerne la mise en scène grandiloquente de l’arrivée de Sébastien Loeb, fendant l’air à bord d’une nacelle argentée sur la musique de Star Wars. Même s’il était l’incontestable tête d’affiche du week-end, j’ai trouvé que cela manquait vraiment de respect pour les autres participants. Passons.

La fête du karting

Le reste de la soirée a été absolument parfait, sans temps mort ni mise en scène cheap, et avec un spectacle à la hauteur de mes espérances. Parmi les moments forts je retiendrai personnellement la démonstration de Jules Bianchi en course après s’être loupé en qualification, le style coolé et impeccable de Jean-Eric Vergne, l’étonnante compétitivité de Sébastien Ogier, la combativité de Sébastien Bourdais et la remonté de Tristan Vautier.

Au final, je suis bien content que ce soit des pilotes de monoplace, en l’occurrence Jules Bianchi et Jean-Eric Vergne, qui aient été les plus forts ce week-end. Le spectacle a en tout cas été à la hauteur, dans la bonne humeur générale et sans accident. A noter que si Sébastien Loeb s’est bien défendu, Sébastien Ogier a lui carrément étonné par sa vélocité !

Dimanche : journée off pour moi !

Un essai à transformer

Les organisateurs annoncent 8.500 spectateurs, aussi bien pour le samedi soir que pour le dimanche après-midi. Si dans l’absolu cela constitue un score relativement moyen, il est presque miraculeux étant donné « l’affiche » proposée. Sans champion du monde de Formule 1, ni même un vainqueur de Grand Prix, difficile d’attirer et d’éveiller la curiosité du grand public. Gageons que ce retour gagnant (du point de vue de l’organisation, de l’esprit qui y a régné tout le week-end et de la qualité de la machine engagée) n’est que le début d’une longue série et d’un rendez-vous qui deviendra à l’avenir incontournable en fin de saison pour tout le monde.

À lire absolument

Journaliste high-tech, automobile et rock n’ roll.
Actuellement rédacteur au sein du fil France de l’agence de presse Relaxnews.

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