Tristan Vautier : « La course sur ovale te procure la sensation d’être sur un fil »

Au terme d’une nouvelle séance d’essai fructueuse sur le circuit de Sebring, qui l’a vu signer le meilleur temps de la journée devant notamment le champion sortant Ryan Hunter-Reay, le « rookie » Tristan Vautier a bien voulu répondre à mes questions sur son arrivée cette année en IndyCar. Le Français impressionne déjà ses futurs adversaires, après avoir réalisé l’exploit d’enchainer les titres ces deux dernières années : champion Star Mazda en 2011 et champion Indy Lights 2012. Il s’apprête à disputer sa première saison en IndyCar à bord d’une monoplace engagée par Schmidt-Peterson Motorsport.

Je n’ai jamais pensé à un plan B

DB : Comment as-tu réussi à monter cet hiver une structure autour de toi avec Schmidt-Peterson Motorsport ? Quelle orientation aurais-tu prise si ce projet avait échoué ?

Tristan Vautier : Le test en décembre a été le facteur déterminant. Avant, mes chances de passer en IndyCar avec une structure de ce niveau étaient très réduites, et ce sont mes temps lors de ce test qui ont poussé le team et ses sponsors à prendre le risque financier d’ajouter une seconde voiture. J’ai aussi eu la chance de bénéficier de la bourse d’un million de dollars de la « Mazda Road to Indy » pour le titre Indy Lights, qui a pesé dans la balance, et de recevoir une aide précieuse de mes fidèles partenaires européens.

Si ce projet avait échoué, j’étais parallèlement en discussion avec une autre équipe, toujours en IndyCar, ayant réalisé de très belles performances en fin d’année dernière.

Si je n’avais pas pu passer en IndyCar, je pouvais repartir en Indy Lights avec Sam Schmidt, mais ce n’était pas une option qui m’intéressait. Je n’ai à aucun moment vraiment dépensé d’énergie à penser à un plan B.

DB : Quel rôle a joué Olivier Panis à tes côtés ces derniers mois ?

Tristan : Depuis que nous travaillons ensemble Olivier m’apporte de précieux conseils sur mon approche et mon travail à la piste grâce à sa grande expérience.

DB : Quels sont tes rapports avec les deux autres « frenchies » Simon Pagenaud et Sébastien Bourdais ? As-tu par exemple suivi la saison de Simon l’an passé en participant aux séances privées, aux courses ou aux divers debriefings en compagnie de ses ingénieurs ? Suivais-tu les exploits de Sébastien à l’époque de ses titres en Champ Car (sans t’imaginer alors un jour le rejoindre) ?

Tristan : J’ai de très bons rapports avec Simon et Sébastien. J’ai en effet assisté aux séances de Simon surtout pendant les essais d’Indianapolis. C’était une très bonne expérience de pouvoir être intégré aux briefings et debriefings techniques de la structure IndyCar.

Je suivais le Champ Car pendant la période dominatrice de Sébastien. Je ne pensais pas vraiment le rejoindre à l’époque, quand tu as 16 ans et que tu cours en Europe tout ce à quoi tu penses est la F1!

Indianapolis représente pour moi le temple du sport automobile américain

DB : Que représente pour toi l’Indianapolis Motor Speedway ? Je crois savoir que tu as adoré y rouler l’an passé, je me souviens notamment de tes déclarations après la course quand tu disais que tu aurais bien aimé que ça dure plus longtemps. Comment appréhendes-tu tes premiers 500 Miles d’Indianapolis en mai prochain ?

Tristan : Indianapolis représente pour moi le temple du sport automobile américain, l’histoire et les traditions, et le plus grand événement sportif mondial sur une journée. Cette piste te donne des frissons quand tu entends l’hymne américain avant le départ, et quand tu déboules sur la ligne droite principale entouré par d’immenses tribunes. Tu as l’impression d’être jeté au milieu d’une arène. Il faut vivre l’événement pour réaliser ce que c’est.

Je suis très impatient d’y être et réalise la chance unique que cela représente, mais pour le moment je me concentre sur le début de saison et n’y pense pas trop.

DB : En regardant un peu en arrière, aurais-tu pu t’imaginer courir un jour en IndyCar il y a 5 ans ? Est-ce que c’était déjà cette discipline qui t’attirait ?

Tristan : J’ai commencé à regarder vers les États-Unis fin 2007. La course là-bas m’a toujours attiré mais il est parfois difficile de faire le pas et s’ouvrir à l’inconnu. Quand je suis venu en 2010, c’était dans le but de gagner la bourse offerte au vainqueur de la Star Mazda pour essayer de gravir les échelons et courir en IndyCar, en étant conscient du challenge que cela représentait. J’ai gravi les échelons les uns après les autres sans trop penser à la dernière marche.

La course en peloton sur ovale fait monter l’adrénaline très haute

DB : Comment t’es-tu adapté à courir sur ovale ? Pourrais-tu décrire la sensation que cela procure ?

Tristan : J’ai trouvé la course sur ovale très difficile. C’est une discipline totalement différente et tu dois changer ton approche, partir de zéro en quelque sorte. L’ovale te procure la sensation d’être sur un fil, la course en peloton à de telles vitesses fait monter l’adrénaline très haute et procure une sensation difficile à décrire…

DB : Parallèlement à ton programme en IndyCar, comptes-tu aussi garder un œil (et un pied) en Europe pour quelques piges, en endurance par exemple ?

Tristan : Pour le moment je me concentre sur l’IndyCar, qui va bien m’occuper ! C’est ma première saison et j’ai beaucoup de travail devant moi, alors je ne dépense pas trop d’énergie à chercher d’autres volants pour le moment…

DB : Je ne te demande pas tes ambitions, bien que tu devrais facilement devenir « rookie of the year » (il n’y a pas encore d’autres débutants inscrits cette saison) et, j’espère, signer quelques Top 5 !

Tristan : J’espère avoir une belle courbe de progression et apprendre le mieux possible. Il est très tôt pour se fixer des objectifs de performance et je veux me concentrer à 100% sur mon travail sans trop penser aux résultats.

Merci à Tristan d’avoir bien voulu répondre à ces questions. Je lui souhaite plein de bonheur pour cette saison, et surtout de bonnes vibrations pour l’Indy 500 !

Liens utiles…

À lire absolument…

Journaliste high-tech, automobile et rock n’ roll.
Actuellement rédacteur au sein du fil France de l’agence de presse Relaxnews.

Si vous aimez cet article, partagez-le…
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn