F1 2014, suivez le guide !

Les essais hivernaux terminés, force est de constater que l’on n’y voit pas forcément plus clair à quelques jours de l’ouverture officielle de la 65ème saison du championnat du monde de Formule 1. Les équipes Mercedes et McLaren vont-elles dominer les débats ? Les Red Bull verront-elles seulement l’arrivée à Melbourne ? Williams ou Force India créeront-elles la surprise ? En attendant d’en savoir un peu plus, voici un tour d’horizon des forces en présence, en toute subjectivité (désolé pour les esprits grognons). Debriefing de l’intersaison et perspectives plus ou moins hasardeuses sur cette saison sans doute pleine de surprises, même si le coeur n’y est pas

Quoi de neuf en 2014 ?

Cette année, la F1 fait peau neuve, pour le bonheur de quelques-uns et le désespoir de beaucoup. Le règlement, tant au niveau technique que sportif a en effet été presque entièrement réécrit. Sans trop rentrer dans les détails, voici ce qu’il convient tout de même de savoir.

Côté motorisation, place à des V6 turbocompressés avec un régime limité à 15000tr/min, auxquels sont greffés deux systèmes de récupération d’énergie capables de délivrer une puissance additionnelle durant une trentaine de seconde environ par tour de course. Cette solution doit compenser la baisse significative de la quantité d’essence embarquée, qui ne sera plus désormais que de 100kg par course (tour de formation et de décélération compris), ce qui est extrêmement faible et compliqué à gérer. Chaque pilote ne dispose plus que de cinq moteurs pour l’ensemble de la saison, tandis que les boites de vitesse devront tenir le coup durant six week-ends de Grand Prix. Enfin, les monoplaces ont été alourdies, ce qui signifie que les pilotes ont désormais tout intérêt à perdre du poids par eux-même. Cela explique en partie l’aspect parfois chétif de certains d’entre eux lors des essais d’intersaison, ce qui est assez consternant.

Côté sportif, la décision la plus controversées, à juste titre car totalement injuste (et honnêtement injustifiable), concerne le doublement des points à l’occasion du GP d’Abou Dabi, la dernière manche de la saison : le vainqueur marquera 50pts, le deuxième 36pts, etc. Le système de pénalités a également été revu. D’ailleurs un permis à points (sic) a été mis en place avec le risque d’être exclu pour une course si son solde devient nul ou négatif. Tout n’est cependant pas à jeter dans ce grand n’importe quoi. Par exemple, tous les pilotes ont désormais un numéro dédié pour l’ensemble de leur carrière, qu’ils ont choisi eux-même, à l’exception évidemment du champion du monde qui portera le temps de son règne le n°1.

Les forces en présence

Cette saison, les 11 mêmes écuries que l’an passé vont en découdre, malgré quelques changements de moteurs (qui auront peut-être leur importance) : Toro Rosso passe de Ferrari à Renault, Williams de Renault à Mercedes et Marussia de Cosworth à Ferrari. Parmi les transferts les plus marquants, citons le retour de Kimi Räikkönen chez Ferrari, l’arrivée de Pastor Maldonado chez Lotus et celle de Felipe Massa chez Williams. Saluons également le retour de Kamui Kobayashi en F1, chez Caterham. Enfin, trois débutants vont disputer en Australie leur tout premier Grand Prix : Kevin Magnussen, Daniil Kvyat et Marcus Ericsson.

Qu’en est-il de la situation et des ambitions de chacun ?

Red Bull Racing > L’écurie (quadruple) championne du monde en titre ne peut décemment pas être écartée de la course pour le titre, malgré des essais calamiteux marqués par une fiabilité désastreuse et une compétitivité douteuse. La vérité c’est que l’on sent bien que cette voiture a quand même un sacré potentiel car, même en conduisant sur des oeufs, Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo se sont tous les deux déclarés relativement satisfaits de leur monoplace. Reste à savoir combien de temps cela prendra avant que les problèmes d’intégration et de refroidissement du moteur soient réglés. La saison et longue et l’écurie nous a habitué, en 2012 comme en 2013, a une montée en puissance régulière jusqu’à écraser la concurrence en deuxième partie de saison. Attendons donc un peu avant de les déclarer hors course, même s’il y a malheureusement peu de chance que Sebastian Vettel signe en Australie son 10ème succès consécutif.

Mercedes > Après une belle montée en puissance en 2013, Mercedes semble désormais sérieusement capable de jouer à temps le premier rôle cette année. Fort du moteur le plus performant et fiable de l’hiver, l’écurie peut aussi compter sur deux pilotes rapides, sérieux et qui travaillent pour l’instant parfaitement bien ensemble. Sur le papier, Mercedes fait donc figure de favori logique pour ce début de saison, même si l’équipe n’a pas été épargnée par les pépins techniques. Or pour gagner des courses, encore faut-il pouvoir les finir. En toute logique, Lewis Hamilton et Nico Rosberg devraient se partager les lauriers glanés par l’écurie cette année.

Ferrari > J’avoue ne pas déborder d’optimisme envers la vieille maison Ferrari pour cette nouvelle saison. L’écurie n’a impressionné personne cet hiver et Kimi Räikkönen a même été victime d’un accident assez inexplicable. Hormis son duo de pilote qui détonne, Ferrari n’impressionne plus grand monde en 2014. A la vue des saisons précédentes où Fernando Alonso a été incapable de vaincre la concurrence malgré l’ensemble de l’équipe derrière lui, difficile d’imaginer que les choses vont mieux se passer cette année. Si Ferrari débute moyennement la saison, je ne les vois pas ensuite progresser pour finalement triompher, nonobstant les qualités indéniables de ses deux champions du monde !

Lotus > Si les essais de Red Bull ont été calamiteux, que dire alors de ceux de Lotus ? J’en suis d’ailleurs doublement peiné pour Pastor Maldonado, que j’adore, et qui a dans le même temps vu briller… Williams, son ancienne écurie. A moyen terme, la tendance devrait quand même pouvoir s’inverser même s’il n’y a sans doute pas beaucoup à attendre de cette équipe décimée d’une grande partie de son équipe d’ingénieurs à l’intersaison et dont la seule bouffée d’air réside dans le départ du boulet Boullier. Il sera intéressant aussi de suivre le comportement de Romain Grosjean dans l’adversité, un domaine dans lequel il a encore tout à prouver. A défaut de jouer les cadors, les Lotus devraient tout de même assurer le spectacle.

McLaren > J’ai bon espoir que 2014 soit tout sauf une année de transition pour McLaren, après une saison 2013 catastrophique et juste avant de s’unir officiellement avec Honda en 2015. Un changement drastique de règlement, un moteur revigoré , le retour aux affaires de Ron Dennis et l’arrivée dans l’équipe du très rapide et enthousiaste Kevin Magnussen sont autant de bonnes nouvelles pour l’écurie de Woking. Mieux encore, Jenson Button correspond parfaitement au portrait-robot du pilote capable d’exploiter ua mieux le règlement, à savoir économiser du carburant et soigner son matériel tout en restant rapide !

Force India > A la vue de ses résultats lors des essais d’intersaison, c’est assurément la grosse cote de ce début de saison. En plus d’un moteur compétitif et d’une voiture visiblement bien née, Force India peut compter sur deux pilotes qui ont faim, Sergio Pérez ayant à coeur de se rattraper de son passage complètement raté chez McLaren, et Nico Hulkenberg voulant transformer en résultats l’immense espérance qu’il suscite.

Sauber > Bien que j’aime beaucoup cette équipe, j’avoue ne pas en espérer grand chose cette année. L’écurie suisse devrait en effet avoir du mal à quitter le ventre mou du peloton et ne sera assurément pas aidée par son duo de pilotes (Esteban Gutiérrez et Adrian Sutil) finalement assez faible face à la concurrence.

Toro Rosso > Y a-t-il encore quelque chose à attendre de cette écurie, révélatrice de (rares) talents ? Le jeune Daniil Kvyat en a assurément a revendre et pourrait bien donner le coup de grâce à un Jean-Eric Vergne beaucoup trop tendre lors de ses deux premières saisons en F1. A part cela, difficile quand même d’imaginer l’équipe progresser dans la hiérarchie, a fortiori avec les difficultés rencontrées, du moins en début de saison par l’intégration du moteur Renault.

Williams > C’est évidemment mon grand coup de coeur et j’espère cette équipe va enfin pouvoir rebondir pour de bon. Felipe Massa, débarrassé du joug de Fernando Alonso et de ses basses manoeuvres politiques, va avoir la possibilité de montrer ce qu’il a encore dans le ventre, plus de cinq ans après sa dernière victoire. De son côté, Valtteri Bottas, assez décevant l’an dernier, est attendu au tournant, précédé d’une belle réputation qu’il a encore du mal à confirmer. Sans déborder non plus d’optimisme en se fiant aux chronos extrêmement prometteurs réalisés cet hiver, Williams dispose tout de même de tous les atouts nécessaires (financement, motorisation, équipe technique et duo de pilotes) pour rebondir.

Marussia > L’écurie russe espère franchir un cap cette saison tout en adoptant une nouvelle motorisation. Statu quo en revanche côté pilotes. A noter que les temps de Jules Bianchi aux derniers essais à Sakhir me laissent tout de même perplexes. Après quatre années passées à se morfondre en queue de peloton, Marussia a-t-elle enfin les moyens les progresser et de se faire un nom ? Si le pilote français sera à n’en pas douter le fer de lance de cette équipe, Max Chilton pourrait bien surprendre aussi, à l’occasion.

Caterham > Les derniers seront les premiers, parait-il. Pour Caterham, j’en doute énormément. Contrairement à beaucoup j’aime bien les formes de cette voiture et j’apprécie aussi énormément Kamui Kobayashi, ce qui fait donc au moins deux bonne raisons de supporter cette équipe, bien que je ne crois pas trop aux miracles. Qu’attendre sinon de Marcus Ericsson sinon jouer les faire-valoir ?

La cote des pilotes

Comprendre « leur capacité à briller » cette année, eu égard à leur talent naturel et leur matériel :

★★★★★ : Sebastian Vettel, Lewis Hamilton, Jenson Button
★★★★☆ : Nico Rosberg, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen, Felipe Massa, Kevin Magnussen
★★★☆☆ : Daniel Ricciardo, Jules Bianchi, Valtteri Bottas, Daniil Kvyat, Adrian Sutil, Sergio Pérez, Nico Hulkenberg, Pastor Maldonado
★★☆☆☆ : Kamui Kobayashi, Max Chilton, Jean-Eric Vergne, Esteban Gutiérrez, Romain Grosjean
★☆☆☆☆ : Marcus Ericsson

Le calendrier de la saison 2014

S65E01 / GP d’Australie à Melbourne, du 14 au 16 mars
S65E02 / GP de Malaisie à Kuala Lumpur, du 28 au 30 mars
S65E03 / GP de Barheïn à Sakhir, du 4 au 6 avril
S65E04 / GP de Chine à Shanghai, du 18 au 20 avril
S65E05 / GP d’Espagne à Barcelone, du 9 au 11 mai
S65E06 / GP de Monaco à Monte Carlo, du 22 au 25 mai
S65E07 / GP du Canada à Montréal, du 6 au 8 juin
S65E08 / GP d’Autriche à Spielberg, du 20 au 22 juin
S65E09 / GP de Grande-Bretagne à Silverstone, du 4 au 6 juillet
S65E10 / GP d’Allemagne à Hockenheim, du 18 au 20 juillet
S65E11 / GP de Hongrie à Budapest, du 25 au 27 juillet
S65E12 / GP de Belgique à Spa-Francorchamps, du 22 au 24 août
S65E13 / GP d’Italie à Monza, du 5 au 7 septembre
S65E14 / GP de Singapour à Singapour, du 19 au 21 septembre
S65E15 / GP du Japon à Suzuka, du 3 au 5 octobre
S65E16 / GP de Russie à Sotchi, du 10 au 12 octobre
S65E17 / GP des Etats-Unis à Austin, du 31 octobre au 2 novembre
S65E18 / GP du Brésil à Sao Paulo, du 7 au 9 novembre
S65E19 / GP d’Abou Dabi à Yas Marina, du 21 au 23 novembre

Cette année, comme en 2013, vous pourrez suivre l’intégralité de la saison sur Canal+ou pas !

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© photos : Williams Martini Racing

Journaliste high-tech, automobile et rock n’ roll.
Actuellement rédacteur au sein du fil France de l’agence de presse Relaxnews.

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