Pourquoi ce GP d’Australie 2015 n’était pas si nul

Comme souvent je vais aller à contre-courant, mais moi j’ai bien aimé ce Grand Prix, ne serait-ce que parce qu’il s’agissait de la rentrée des classes pour tout le monde et qu’il est toujours bon de regarder une course de F1 après plusieurs mois de sevrage, surtout dans un cadre aussi agréable que l’Albert Park. Et puis, même si cette épreuve n’a pas été franchement passionnante, nous avons tout de même pu assister à de belles choses.

15 voitures au départ

Les circonstances particulières (pilote blessé, problèmes mécaniques) ont fait que le premier départ de la saison a été donné avec seulement 15 voitures sur la grille. Qu’importe. Personnellement, je me contrefiche du nombre de voitures au départ et de ce débat sur « est-ce que ça serait mieux avec 18, 20, 22 ou 36 voitures au départ ? ». Manquent en effet à l’appel Catherham et Marussia, deux équipes plus proches à tous points de vue (performances, organisation, etc.) du GP2 que de la F1, qui en cinq ans n’ont jamais été capables de jouer les points à la régulière. Aussi le nivellement par le haut, même au détriment du nombre de participants, ne me gêne pas plus que cela. Historiquement, l’histoire du sport automobile est aussi pleine de courses emblématiques avec moins de 15 voitures au départ. L’important n’est donc pas le nombre mais la qualité des engagés. Si en lieu et place de Caterham et Marussia la F1 avait perdu Williams et McLaren, ça aurait été une tout autre histoire ! Franchement, la présence de Manor et de ses deux futures chicanes ambulante va-t-elle relever le niveau ?

Au final on se retrouve avec 11 voitures à l’arrivée, ce qui n’est finalement pas si mal, surtout si l’on repense deux secondes aux GP d’Australie 2008 ou (pire encore) 2002… Après, il est évident que le déroulement même de la course n’a rien eu d’emballant et que si l’histoire se répète en Malaisie ça risque d’être assez lourd. Mais attendons un peu avant de se morfondre.

Le vrai débat devrait plutôt porter sur l’attribution des points, car en distribuer aux 10 premiers lorsqu’il y a 16 ou 18 partants, ça n’est plus très valorisant. J’ai toujours été pour conserver l’ancien (et historique) système de points récompensant les 6 premiers et force est d’avouer qu’il serait bien plus adapté aujourd’hui. Bernie, si tu me lis…

Un résultat prometteur

Les grincheux peuvent toujours arguer que Mercedes repart sur sa lancée et que le duo Lewis Hamilton/Nico Rosberg est reparti pour dominer les débats toute la saison. A ceci prêt que l’écart avec Ferrari n’a rien d’effrayant et que la Scuderia, en pleine restructuration part de tellement loin qu’elle ne peut que se rapprocher. Commencer l’année « premier des autres » est déjà super encourageant pour une équipe qui n’a plus gagné le moindre Grand Prix depuis bientôt deux ans. Le problème c’est que Ferrari semble être la seule écurie en mesure de s’en aller contrer (mais quand ?) les flèches d’argent cette année. A moins d’une surprise.

On gardera quand même quelques images sympas de cette première course de l’année, disputée sans incident majeur : des rookies tous dans le coup (formidable Felipe Nasr, solide Carlos Sainz Jr, malheureux Max Verstappen) ou bien encore un Lewis Hamilton hilare sur le podium en compagnie d’Arnold Schwarzenegger. Il faut aussi parfois savoir se contenter de peu. J’étais sincèrement beaucoup plus pessimiste il y a un an. Or, malgré une domination outrageuse des Mercedes, nous avons finalement vécu une belle saison. 2015 ne peut qu’être meilleure et les « rageux » rageront toujours…

Statistiques

  • 39e pole position, 34e victoire et 21e meilleur tour en course pour Lewis Hamilton;
  • premiers points marqués pour Felipe Nasr, Marcus Ericsson et Carlos Sainz Jr;
  • premier Grand Prix disputé pour Felipe Nasr, Max Verstappen et Carlos Sainz Jr.

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© photos : Daimler

Journaliste high-tech, automobile et rock n’ roll.
Actuellement rédacteur au sein du fil France de l’agence de presse Relaxnews.

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