Mais où est donc passé l’esprit de Rétromobile ?

Dans la série « c’était mieux avant », je demande Rétromobile. La semaine dernière, comme tous les ans, j’ai été arpenter les allées du célèbre salon de la voiture ancienne, rendez-vous incontournable du début de l’année et que je ne raterais sous aucun prétexte. Mais, si d’un côté cette édition a été le théâtre d’un fabuleux hommage aux 70 ans de Ferrari et l’occasion d’admirer des modèles aussi exceptionnels que la Tyrrell P34 à six roues ou la Delage 1500, la réduction à peau de chagrin de l’espace « brocante » (livres, magazines, jouets et miniatures d’occasion) m’a fait beaucoup de peine.

Ferrari à l’honneur

D’abord, ne boudons pas notre plaisir car le plateau de voitures de compétition proposé cette année était exceptionnel, dû notamment au 70e anniversaire de la Scuderia Ferrari. C’est ainsi que de nombreux modèles exceptionnels, tant de série que de course, du constructeur italien ont été exposés. Parmi les monoplaces ainsi accessibles au public figuraient par exemple l’exceptionnelle Ferrari 500 (F2), quasi invincible entre les mains d’Alberto Ascari et qui a permis au pilote italien de remporter deux titres de champion du monde des conducteurs en 1952 et 1953, ainsi que les Ferrari 156 (1963), 312-B3 (1974) et 312 T3 (1978).

Encore plus anciennes, cinq Delage 1500 plus ou moins restaurées selon les cas ont été réunies cette année. Il s’agit d’une monoplace mythique, celle-là même qui a dominé les Grands Prix en 1927 avec l’immense Robert Benoist au volant.

Même si cela me passionne beaucoup moins, il ne fallait pas non plus manquer l’espace réservé au Groupe B et à ses formidables bêtes de course qui ont fait les beaux jours du rallye dans les années 80. A noter aussi la présence remarquée de Jean Ragnotti sur le stand Renault.

Bref, Rétromobile 2017 nous en a mis plein les yeux. Sauf que…

La folie des grandeurs

D’année en année, le salon de cesse de grandir au point désormais de remplir trois halls (sic). Et forcément il y a des choses à jeter. Que viennent par exemple faire à Rétromobile des concept-cars ? Quelles que soient les qualités de la Renault Trezor ou de l’Alpine Vision (par ailleurs absente du dernier Mondial de l’automobile), elles n’ont absolument rien à faire ici.

Ce qui me choque surtout, année après année, c’est la disparition de l’esprit brocante. Déambuler dans les allées à la recherche de la perle rare, livre ou magazine d’époque, a longtemps été (avec succès) mon grand plaisir à Rétromobile, en plus évidemment d’admirer de près de glorieuses anciennes. A noter que le nombre de stands de vendeurs de miniature, lesquels m’intéressent beaucoup moins, tend également à fondre. Les amoureux de pièces détachés peuvent quant à eux toujours espérer trouver leur bonheur. L’honneur est sauf !

Je pense vraiment qu’à trop vouloir grossir, Rétromobile perd peu à peu de son charme et pourrait bien un jour même y perdre son âme. Rendez-vous quand même, sans rancune et avec plaisir, en 2018.

En attendant, découvrez ci-dessous les modèles exposés qu’il ne fallait surtout pas manquer, à commencer bien sûr par la Delage 1500 et la Ferrari 500 F2 !

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À lire absolument…

Journaliste high-tech, automobile et rock n’ roll.
Actuellement rédacteur au sein du fil France de l’agence de presse Relaxnews.

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